Les thérapies d’enfants
Dans le travail psychothérapeutique avec les enfants, une des techniques possibles parmi d’autres est de médiatiser la parole par le jeu. Il est important de souligner que lorsqu’un enfant joue, il le fait très sérieusement, non pas qu’il confonde le jeu et la réalité mais parce qu’il s’y investit énormément. Il met toujours de lui-même dans l’acte ludique.
Le jeu n’est pas uniquement le lieu de la domination du plaisir mais surtout une nécessité psychique. C’est un espace potentiel selon Winnicott, où l’enfant se raconte et élabore ses angoisses afin de ménager l’âpre confrontation avec la réalité.
C’est est une formation psychique proche du rêve, le fruit d’une déformation entre le désir et son interdit, qui permet de mettre en scène les conflits et devient un outil précieux dans la thérapie d’enfants. Il n’est pas en soi thérapeutique, il est une médiation, un « pont », un espace transitionnel entre le jeune patient et son thérapeute.
Il est langage. Afin de ne pas se confronter à sa propre angoisse, l’enfant va la médiatiser et la déguiser dans le jeu. Le rôle du thérapeute est alors de décoder et d’entendre ce qui se déguise dans les jeux.
La thérapie va utiliser par conséquent des « médiums malléables », selon Hanna Segal, c’est à dire des objets de symbolisation, de déformation et de transformation, telle que la pâte à modeler. C’est « un travail de transformation-représentation et de mise en sens » où « s’opère le transfert du passé réminiscent » que le patient souhaite « métaboliser. » (René Roussillon).
Autrement dit, c’est cette plasticité et cette possibilité de prendre toute forme qui pourrait faire de la pâte à modeler un excellent moyen d’expression des problématiques d’un enfant.


